Back to Posts

Rester vierge jusqu'au mariage, utopie ou vertu ?

Auteur : Salia Edouard

Rester vierge jusqu'au mariage, utopie ou vertu ?

C'est toute une controverse quand on doit parler de virginité aujourd'hui. Pour certains, c'est une marque de grande fierté comme dans les années 70. Pour d'autres, être vierge veut dire au contraire ne pas marcher avec le temps.

C'est un débat qui ne date pas d'hier, la question de garder sa virginité mais remonte plutôt aux temps anciens et   même avant Jésus-Christ puisque dans le saint livre, on mettait l'accent sur la virginité. Les lecteurs de la Bible pourraient se souvenir de l'histoire de Tamar qui avait eu honte après que son frère l'avait déshonorée, oui parce c'était un honneur d'être vierge. Une fille ne saurait se donner en mariage après s'être faite dépuceler. C'était un critère non négociable dans le temps. Et plus près de nous, au XVIIe siècle, ce débat a continué. Pour le philosophe et écrivain français à qui l'on doit l'honneur de Œdipe, Voltaire, c’est l’une des superstitions de l'esprit humain d'avoir imaginé que la virginité pouvait être une vertu.

Cependant, en Haïti on y accordait beaucoup d'importance. Ce n'était pas seulement pour une raison de foi mais aussi une loi de la société qu'il ne fallait enfreindre en aucun cas. L'intimité était précieuse si bien qu'une jeune ne laissait même pas voir son nombril voire céder sa virginité, d'où la tradition d'une bouteille de cola et du pain. Si la famille de l'épouse recevait le pain et le cola sans être touchés, cela traduirait qu'elle est vierge et est digne de respect. Sinon, c'est la honte tant pour l'épouse que pour sa famille. Cela pourrait même entraîner des amendes.

Elles sont plusieurs, les mères, à faire croire que cela a aidé à la société d'autrefois à s'épargner de certaines dérives. Les filles se battaient pour se faire hisser au plus haut honneur dans le temps.

Mais aujourd’hui, avouer qu'on est vierge c'est s'exposer à la risée de plus d'un. C'est comme porter un vêtement tendance lorsqu'on vient d'offrir sa virginité à seize ou dix-sept ans.

En route pour son boulot, cet homme bien installé dans un tap-tap croit que trouver une fille vierge à seize ans aujourd'hui se fait très rare. Décrocher la lune est plus facile, dirait-on. Qu'est-ce qui serait à la base ?

La précarité en Haïti en est une cause. Nombreux sont les parents qui se déresponsabilisent dans la société actuelle. La fille voulant subvenir à ses besoins se réfère à son corps ou cède à tout offre se rapportant au sexe très jeune. Le taux de natalité allant en grandissant pourrait expliquer ce problème qui ronge les familles haïtiennes.

Un autre problème chez les jeunes, c’est cette idée de ressembler, de faire comme l’autre, qui les habite. À écouter leurs amies qui sont déjà passées par cette voie, elles veulent aussi y passer. Ce qui entraîne un détachement aux principes anciens. « Se mwen ki te vin ranje peyi a ? », leur fameuse phrase.

Dans l'église, l'institution qui est censée responsable de la transmission des valeurs au côté de la famille et l'école, ces cas sont présents. Pour certains de ces jeunes, l'église presse, elle rend esclave. Il faut bien s'épanouir. Dans le mariage, on ne fait que pratiquer, pas apprendre. De plus, entamer une relation sexuelle tard entraine des douleurs et ceci de fortes douleurs à mesure qu'on vieillit. Une situation qui est dûe, pour Stravinsky Mars, étudiant en niveau II au Séminaire de théologie de l'église de Dieu en Haïti, à un manque d'éducation, de foi et d'endoctrinement. Celles qui s'y tiennent sont encore pucelles, a-t-il ajouté.

La psychologue Sulfise Érasmé de son côté pense que cela est dû au fait que les filles ne veulent pas perdre leur amour. Énamourées, elles se laissent aller par leur partenaire qui les pressent parfois et qui plus tard pourront les larguer.

Est-ce une preuve d'amour ou un problème d'estime de soi ?

La thérapeute soutient que cela est signe d'un manque de confiance en soi.

Le journaliste Mackenson Mauline quant à lui se positionne au centre du débat. Pour une raison de foi, il vaut mieux garder sa virginité mais en pensant aux douleurs qui pourraient s'en suivre, si cela pas aux principes religieux, pourquoi ne pas entamer une relation ?

Devrait-on encore y tenir ?

Considérée comme une coincée aujourd'hui, si la fille est pucelle à plus de dix-sept ou dix-huit ans, selon la constatation du journaliste Stanley Mervil,Il est préférable de l'offrir à quelqu'un qui en est digne. Parce qu'il n'est pas mort d'homme qu'une fille soit vierge ou non.

Être vierge ou non, en quoi la virginité contribuerait à la réussite du couple ?

Il faut souligner qu'en dépit de tout qu'il y a des garçons qui espèrent rencontrer et épouser des pucelles. Bien averties de cela, certaines filles tentent de mentir à l'autre. Qui pis est, la nuit des noces, tout est mis au clair. Ce qui pourrait entraîner un chamboulement du couple.

La virginité, contribue-t-elle à la valeur de la personne réellement ?

Devrait-on donner raison à Georges Wolinski qui croit aujourd'hui, même les moches n'arrivent plus vierges au mariage ?

Si la virginité se fait rarisssime aujourd'hui et même rare, les pucelles d'aujourd'hui ne méritent-elles pas une médaille supérieure aux filles d'autrefois au lieu d'être mal vues ?

Read Next

Sextape, une partie de plaisir qui tue les jeunes au XXIe siècle