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Quand la pandémie enseignait, qu’ont retenu les autorités haïtiennes?

Auteur: John Gerald Stanley Mervil

Quand la pandémie enseignait, qu’ont retenu les autorités haïtiennes?

Tard dans l'après-midi du 19 mars 2020, le président de la République, son excellence Jovenel Moïse a annoncé deux cas de Covid-19 sur le territoire. Ce dont redoutait la population haïtienne vu son système de santé inadéquat lui éclata en plein visage. En dépit des prédictions selon lesquelles un autre génocide était attendu sur le sol haïtien, le pays s'est échappé belle et du même coup mis en vedette la médecine traditionnelle de la population.

Alors que d'un côté certains pays déploraient la perte de vie liée au coronavirus, d’un autre côté, ça leur a été bénéfique parce qu’ils ont pu identifier la faiblesse de leur système de santé. Par la suite, ils pourraient trouver un moyen pour le pallier. Pour le peuple haïtien, il n'y avait pas que ça puisque depuis plusieurs décennies, des milliers d'Haïtiens foulent le macadam pour réclamer le chambardement du système. Ne serait-ce pas une occasion parfaite pour le président qui se dit vouloir pareillement l'éradication de la misère.

En revanche, c'était plus facile à dire qu'à faire, ce qui est particularisme chez les dirigeants haïtiens, puisque pour répondre à leurs obligations médicales et ceux de leurs proches ils se dirigent le plus souvent vers des pays étrangers. Par conséquent, les hôpitaux publics sont dans un état piteux. De plus, des médecins en grève pour réclamer ce qui leur revient de droit qui est une pitance. Mais avec le coronavirus, il était impossible de voyager, certains espéraient voir une réforme dans plusieurs secteurs mais singulière dans celui de la santé. Toutefois, jusqu'à présent, les gens continuent à mourir sur les lits d'hôpitaux à défaut d'électricité. Le besoin ne se faisait toujours pas sentir même en dépit de tout.

Pourtant, mis à part la nécessité sanitaire, la misère de l'Haïtien est à son extrémité. Non seulement la production nationale est en défaillance, l’on remarque que contrairement à ce que disait le président « nou gen dlo, tè, solèy, mwen pral mete manje nan plat nou », plus concrètement, rien n'a été fait contre ce phénomène qui ronge la société. Alors qu'il ne lui reste que quelques jours au pouvoir, si nous nous basons sur son discours d'investiture.

Les aléas du premier peuple noir indépendant ne se résument pas qu'à la santé, la famine et moins la covid-19 car plus rien ne fonctionne et vivre en elle-même est une notion qui lui est étrange.

Aujourd'hui, le sol haïtien fait face à la seconde vague de contamination qui ne cesse de s'accroitre. Le peuple pour la plupart ne respecte plus les gestes barrières, le transport en commun reprend sa routine. Les réformes n'ayant pas été faites, si le pays faisait face à une couche meurtrière, que ferait la populace? Si le monde devrait se reconfiner et l'importation impossible, ne mourrait-elle pas de faim?

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