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Noël d'antan, Noël aujourd'hui

Auteur : Joame Baptisné

Si jadis la fête de Noël trainait derrière elle bonheur, partage, amour et joie, de nos jours cette fête n'est que souvenir en Haïti. L'émoi, le désarroi, le stress, l'amertume ajouté à une peur bleue remplacent les cérémonies d'échanges de cadeaux, de fêtes, de mets succulents et d'ambiances nocturnes. Mais où est passé le Père Noël ?

Les images qu'arborent le territoire national en ce temps de fête laissent vraiment à désirer. Les actions actuelles diffèrent de celles d'antan. Où sont passés les traditions de noël, les films de noël, les repas en famille, les échanges de cadeaux, les sorties nocturnes ? Où est donc passé l'esprit de noël qui animait les cœurs, l'ambiance de noël dans les mêmes quartiers les plus défavorisés qui assistaient à la messe de minuit où jadis les familles y prenaient part paisiblement et avaient l'assurance de rentrer chez elles sans risques et périls ?

Les réponses peinent à venir, d'autres questions ne cessent de titiller les esprits. Où sont passées les coutumes de cette époque préférée de plus d'un, des jouets de toutes sortes ? Où sont passées ces musiques, ces concours de chant de Noël, ces chansons haïtiennes qui définissent nos couleurs locales, notre courage, notre sourire d'espoir voilant nos amertumes en mettant au jour notre dignité et vaillance de peuple libre et fier ?

Où sont passées les traditions en famille, où les repas s'étalent sur les tables, où le partage et le sourire étaient au rendez-vous, où l'on a réussi à atteindre un grand parent, un proche, et à formuler des vœux y tenir ? Où sont passées les pratiques de décoration de maisons, des sapins ornés de guirlandes dont le pied bondait de cadeaux de toutes sortes ?

Plusieurs observateurs estiment que c'est la pire Noël de toute l'histoire d'Haïti. « Depuis plusieurs années, nous assistons à une détérioration progressive des fêtes de fin d'années en Haïti », nous a confié un septuagénaire.

À longueur de journée, les tirs sporadiques retentissent en lieu et place des pétards. Des immondices pullulent les chaussées au lieu de décorations.  Pas d'électricité, ni de musique. Horrible stupeur.

Crise politique, précarité économique, dégradation sociale et sociétale, les Haïtiens assistent à une véritable descente aux enfers du pays. Les ménages ne savent plus à quel saint se vouer.

Par prudence, les activités récréatives, les cultes spéciaux en grande pompe à l'église, les rendez-vous galants, n'ont pas eu lieu comme à l'accoutumée, cette année. D'ailleurs, les gangs armés n'ont pas chômé. Au moins trois personnes ont perdu la vie dans la nuit du 24 au 25 décembre, plusieurs autres empruntant périlleusement la route de Martissant, ont été dépouillées de leurs affaires.

Entre la Noël d'antan et celle d'aujourd'hui, un contraste paradigme est à déplorer. Triste réalité d'un nouveau tableau sombre, Haïti perd en tout. Effritement de valeurs, disparition des bonnes habitudes, qui pis est, même la fameuse fête de Noël n'est pas épargnée.

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