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L’industrie de frescos, nouvelle raie économique de la jeunesse haïtienne

Auteur: Jephte Pascal Junior ESTIVERNE

L’industrie de frescos, nouvelle raie économique de la jeunesse haïtienne

Il est des choses que l'on croyait impossible dans les années antérieures qui font la pluie et le beau temps en plein déroulement de ce siècle. Si l'on nous demandait de n'en choisir qu'une, on opterait à l'aveuglette pour la nouvelle tendance du fresco, un art insoupçonné qui se taille une place dans la sociét à petit feu. On est passé de boisson rafraîchissante à pur délice requérant des normes exquises.

Rien n'est plus prévisible que l'imprévisible si l'on décide de croire en son intuition. En plein épanouissement intellectuel, nombre de jeunes se livrent à des pratiques qu'on ne connaissait pas jadis à dessein de rentabilisation. Le fresco prend du galon et sa chute sur le marché ne se fera pas du jour au lendemain. Pourquoi y en aurait t-il après tout ? En plus de raviver les foules, de créer de l'ambiance dans des espaces respectifs, cette pratique se révèle une sorte d'entrepreneuriat avec un goût singulier permettant à des jeunes de remplir leurs portefeuilles, jadis en proie aux toiles d'araignée.

Face à la rudesse de la vie quotidienne en Haïti, la complexité n'est point de mise. Il est de plus en plus clair que chacun doit se créer ses propres moyens de survie quitte à remettre en question ses métiers, son savoir-faire ou du moins ce à quoi on se croiyait destiner. Traditionnellement, de la glace, du sirop, parfois quelques grains de cacahuète ou de noix de coco, du rhum, tout ça empêtré dans un gobelet et le chalumeau se charge du rafraîchissement aphrodisiaque.

Ce n'est pas de ces produits qui vont mettre du temps à s'envoler, tout s'écoule en moins d'une, tant que le produit est demandé. On s'aimerait d'une montagne de glace qu'on ne verrait plus après. D'où la possibilité de jouer sur "la loi de l'offre et de la demande", face à la nécessité d'un produit à chaque sortie, le prix peut facilement subir une hausse pardonnable par les consommateurs. Le plus important, c'est la transformation qu'a subie l'industrie du fresco ces dernières années, le produit récent s'approche sans plus ni moins de l'art culinaire, devrait-on dire.

Naguère, ce secteur était perçu comme dérisoire, voire rabaissant, les plus démunis s'y jetaient en quête du pain quotidien, les choses ont bien évolué depuis. Aujourd'hui, on y trouve des universitaires, des diplômés, des personnes de tous genres et de  classes différentes qui  s'appuient sur la modernisation ou l'innovation dans la conception du fresco pour s'y lancer et emporter un max.

Il faut se rendre à l'évidence que pour certains d'entre eux, cette activité n'est pas strictement lucrative. Pour Junie Ridoré, PDG de Delight Haïti et étudiante en Sciences Juridiques, c'est bien plus « La première valeur ajoutée aux frescos c'est l'amour, c'est l'une des raisons de la création de Delight Haïti » a indiqué la jeune femme qui confie que ces sirops sont  à base de fruits. En plus, elle y ajoute de l'alcool, des sucettes, des fragments de gâteau et tout un tas d'ingrédients inhabituels.

La jeune entrepreneure se réjouit de la direction de Delight. En ce qui concerne son pays, elle reproche aux jeunes leur complexité, d'être préoccupés par le regard des gens et les exhorte à s'aider eux-mêmes car l'important c'est de débuter peu importe ses moyens. Elle les conseille vivement de se lancer dans ce small business. Sur ce même point, Abellard Dimitry, lui-même jeune entrepreneur avec Fresco an nou, est la passion que les gens témoignent en savourant le fresco qui le porte à aller de l'avant. Éducateur de formation, il explique des débuts difficiles de l'entreprise qui a aujourd'hui 4 stands éparpillés dans la capitale et une solide clientèle.

Cette industrie ne force pas à débourser des sommes extravagantes pour faire le premier pas, comme nous l'ont appris ces jeunes entrepreneurs. Il suffit d'être apte à mener sa barque vers le succès et de s'y jeter du bec et des ongles afin de cueillir l'objectif visé où qu'il soit. Somme toute, les revenus de ses entreprises n'ont rien à envier aux autres, les employés ne sont donc pas à plaindre.

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