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Les guédés, ne sont-ils pas la flamme de la culture haïtienne?

Auteur: Jephte Pascal Junior ESTIVERNE

Les guédés, ne sont-ils pas la flamme de la culture  haïtienne?

Le vaudou est l'un des plus grands patrimoines de l'haïtien. On parle même de religion la plus répandue en Haïti.

Souvent traité comme un phénomène diabolique par les pratiquants de religions importées, le vaudou perdure et n'est pas prêt de s'éteindre.

Coup d'œil sur l'évolution et l'apport de cette culture sur la terre bénie du sang de nos ancêtres.

En 1791 les esclaves venus d'Afrique occidentale, ce qu'on appelle "Ginen" habitaient l'île d'Haïti. Ils s'appelaient Congos, Arabas, Yorubas, Bantous, Bambaras, Mandengs, Malinkes, Fongs, Nagos, Igbos etc... Tous avaient leurs croyances et leurs traditions.

En 300 ans, malgré les tentatives des colons blancs d'éradiquer complètement les traits d'identité de ces Africains. Ils ont su garder ce qui faisait d'eux qui ils étaient, leur culture (chants, danses, langues, pratiques...).

Le vaudou est partie prenante de la vie quotidienne de l'Haïtien vu de ses principes, laissant de côté une simple dimension spirituelle ou religieuse. C'est devenu une façon de vivre.

On est bien obligés de parler de "vaudou haïtien" car à Saint Domingue, seuls les Yorubas et les Aradas pratiquaient le vaudou. En Haïti, le vaudou est une culture qui se doit d'absorber, pour certains, toutes les cultures présentes sur l'île de la colonisation à nos jours. C'est pour cela que certaines traditions sont issues de l'Occident ou même des Taïnos car nombre d'entre eux ont rencontré nos premiers ancêtres. À en croire l'avis de plus d'un, le vaudou est un rapport humain, une forme pure de résistance, une culture ayant pour force l'entraide ou la solidarité.

Ses principes sont basés sur le respect de la nature, de nos ancêtres, de notre communauté, en gros le respect de la vie.

Impossible de parler vaudou sans mentionner le guédé. Au cœur du vaudou se manifeste cette nation d'esprit de la mort. On peut citer les Barons Samedi, La Croix, Cimetière et Kriminèl, mais aussi Maman Brigitte qui en sont les principales figures directes. Ils forment une turbulente famille trouvant le plaisir dans le vacarme, la grossièreté et le sexe.

Lors de leurs manifestations, les verres et les piments crus ne sont pas épargnés. Leurs parties intimes font aussi office de récepteurs de piment et de rhum. Noir et violet s'érigent comme leurs traditionnelles couleurs. Ainsi, ils investissent les cimetières tous les 1er et 2 Novembre pour leurs festivités parallèlement à la fête des morts de l'église catholique.

À ce qu'on dit, leur but est de mener les morts vers une autre vie.

Le guédé en Haïti est une célébration qui a su garder sa place dans l'agenda des vodouisants. Cette expression de masse où les chants, les cris, les danses ne rendent pas moins avides les milliers de spectateurs tous les ans. Les tombeaux sont décorés. Pour d'autres, c'est le moment opportun pour recueillir la paix. Souvent, les "Bann rara" s'offrent en spectacle dans les rues de la capitale pour la même cause.

Une pieuse célébration du guédé, une coutume incontournable et un héritage qui ne sera peut-être  jamais vaincu sur le sol haïtien à en croire certains témoignages.

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