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Les enfants des rues entre l'oubli et le banditisme assuré

Auteure: Salia Edouard

Environ une semaine depuis que la journée internationale des droits de l'enfant a été célébrée. Plusieurs organisations avaient levé la voix en cette circonstance, question de rappeler que les enfants sont d'une importance cruciale pour la société. Un moment qui a poussé à réflexion aussi vu la manière dont les enfants sont gérés chez nous. Quelques jours après, c'était au tour de la journée des enfants des rues, le 27 novembre.

Les enfants sont l'avenir du pays, dit-on couramment. L'on peut comprendre qu'ils doivent bénéficier d'une attention à nulle autre pareille. Aussi, ces derniers doivent jouir de certains droits comme le droit à la vie, à l'épanouissement et également le droit à l'éducation car il n'existe pas de relève sans mentor. Malheureusement, plusieurs n'en jouissent pas, d'où une inégalité s'en suit. Certains ne bénéficient pas d'une bonne formation académique ou ne vont pas à l'école. D'autres, n’ayant pas où se poser la tête sont obligés d'investir les rues, d'où leur appellation enfants des rues. Un terme qui fait référence habituellement aux enfants qui vivent et dépendent des rues soit pour être nourris soit pour se réfugier pendant la nuit sur des murs des places publiques, des marchés... La plupart du temps, ils ne bénéficient pas de surveillance. Par la suite, ils peuvent soit mendier soit carrément voler. Bien conscientes de cette situation, des associations en Europe Asie, en Amérique se donnent pour devoir de lutter contre cette pratique qui ravit ceux qui devraient assurer la relève. Qu'ils soient riches, pauvres, noirs ou blancs, ils sont tous des cadeaux venant du ciel. Ils doivent être bien gérés.

Haïti et les enfants des rues

Haïti n'est pas le seul pays ayant des enfants qui vivent dans les rues comme dit préalablement. Ils sont aussi rencontrés dans des pays comme le Honduras, le Togo, la Thaïlande. Chez nous, ce sont ces petits qui sont très souvent vêtus de manière piteuse et parfois en haillon. Munis d'un torchon, plusieurs sont obligés de se tenir prêt à tout véhicule pour obtenir de maigres sous après l’avoir épousseté. D’autres, couramment appelés "bèf chenn" préfèrent emprunter ce chemin pour gagner leur vie. Plus loin, plusieurs sautent vers la table des armes si l'on croit à l'enquête menée par la firme PhareView en 2014. De plus, certains d'entre ces jeunes transformés soit en bandit ou en caïd n'ont pas peur d’avouer qu'ils ont été sponsorisés par des hauts fonctionnaires. Un enfant est recruté, formé puis envoyé en mission pistolet à la main. À son retour, il est bien rémunéré s'il a fait bon mission. Un, deux, trois recrutés, résultat : un groupe de bandit est formé. Et si cinquante, soixante, cent sont recrutés, ne sommes-nous pas face à un volcan en éruption ? Ont-ils tort sachant que bon nombre de famille vivent dans la précarité.

Comme a dit Hervé Desbois, l’enfant n’est pas un animal que l’on dresse. L’enfant est un adulte qui n’a pas encore grandi. Il garde et reproduit ce qu'il a lui-même emmagasiné. Dans ce cas, c’est la faute à qui ?

Aujourd’hui, on constate une montée en puissance du banditisme, de l'insécurité en Haïti, n'est-on pas face au résultat de ses choix?

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