Back to Posts

Les cours en ligne peuvent-ils sauver l'année académique ?

Auteur : Beethens FRÉDÉRIQUE

Les cours en ligne peuvent-ils sauver l'année académique ?

L'alerte mondiale a été donnée en janvier dernier par le directeur général de l'organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, après la découverte de l'apparition d'une nouvelle souche émergente de coronavirus le 31 décembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei qui  avait déjà compté  des milliers de personnes infectées et des veillées mortuaires.

Depuis, la recommandation a été faite aux autres pays de commencer à se préparer pour mieux faire face à l'actuelle pandémie. Mais chez nous, en Haïti, insouciamment les dirigeants continuaient à s'égosiller sur les préparations carnavalesques . Subitement, après la découverte de deux personnes testées positives au coronavirus sur le territoire national par les autorités sanitaires, sans avoir mis en branle la population, ils ont opté dérisoirement pour un confinement sans date limite. "Les écoles, les universités, les églises, les entreprises doivent être fermées jusqu'à nouvel ordre" a ordonné le président de la république, Son Excellence  Jovenel MOÏSE, comme une acclamation.

Pour sauver l'année académique, des responsables d'universités du pays optent pour la formation à distance souvent appelée "cours par correspondance" mais aussi "e-learning" ou encore "MOOC" bien que nous ayons une société de pénurie ou d'extrême disette. De prime abord, l'idée c'est de sauver l'année académique, ce qui est bien mais morose le sera pour certains étudiants qui continuent à s'étonner et à se réjouir lorsqu'on rétablit l'électricité dans leur quartier respectif et qui ne possèdent pas un smartphone adéquat pour pouvoir s'installer ZOOM cloud meetings, Microsoft Teams par exemple. Certains en sont même dépourvus voire d'autres ne disposent pas d'ordinateur portable et d'internet . Dans le cas des universités privées, qui assureront le paiement des enseignants pendant que certains parents d'étudiants ne pourront plus payer les frais de scolarité puisqu'ils ne travaillent plus ? Pourrait-on culpabiliser les parents dans une société où l'absence de la méritocratie est flagrante ? Où le chômage était bien avant la pandémie une normalité ? Où la misère était aussi bien avant cultuelle ? Les cours en ligne, qui exigent de la rigueur et de l'indépendance, des qualités essentielles pour réussir, pour les élèves ou pour les étudiants pourraient être de loin l'ultime recours pour sauver l'année académique et ne serait-ce pour notre société qu'un exploit ironiquement énorme. Les responsables d'universités, certains étudiants, les parents auraient tous souhaité que ça marche mais entre le pessimisme et l'optimisme, le réalisme qu'on ne peut pas fuir s'installe toujours et le doute pour que cela ne marche pour qu'un infinitésimal étudiant est flagrant.

Read Next

Massacre d'octobre 1937, entre xénophobie de Trujillo et conspiration de l'ÉTA haïtien