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Leadership féminin au xxe siècle, quelle éducation pour quelle femme ?

Auteure: Salia Edouard

Leadership féminin au 20e siècle, quelle éducation pour quelle femme ?

Cette année, c’est autour du leadership féminin que la journée internationale des droits de la femme a été célébrée par ONU femmes. Un moment qui, comme toutes les autres années, pousse à réfléchir sur différentes problématiques qui concernent les femmes comme l'éducation tandis qu'on prône le leadership des femmes.

À l'origine, cette journée visait le droit au vote des femmes car, de prime abord, elles n'étaient pas considérées au même rang que les hommes. Leur place était seulement dans la cuisine, au jardin, prendre soin de la famille en somme et si elles travaillaient, elles n'avaient pas les mêmes droits que les hommes. D'où le combat pour réclamer leur droit s'était imposé, l'on se souvient de la lutte menée par de grandes dames comme Clara Zetkin, les ouvrières new- yorkaise, etc. Jusqu'à l'accouchement de cette journée, la journée du 8 mars, laquelle est une preuve de détermination et de résistance.

Pour un futur égalitaire dans le monde, ce combat qui ne date pas d'hier et qui persiste jusqu'en 2021 vu qu'en dépit d'une journée qui leur est consacrée, elles sont parfois la cible du malheur, de la dévalorisation et bien d'autres tandis qu'elles peuvent être de bons leaders. Et du leadership, on dit qu'elle est la capacité à faire d'une vision une réalité. D'ailleurs, elles l'ont prouvé, le fait de vouloir jouir de certains droits et elles l'ont eu, le 8 mars. Et aujourd'hui, en plus d'en jouir, elles détiennent même les rennes. Kamala Harris, en tant que Vice-présidente américaine en est un exemple. Des femmes qui se portent candidates, des femmes à la plus haute magistrature, Toutefois, d'aucuns auraient pu se demander si ce n'est pas une erreur de réclamer son leadership tandis qu'un problème ronge la base de cette réclamation, l'éducation, laquelle a le pouvoir d'améliorer les bons, de fortifier les faibles, de corriger… pour répéter Alexandre Dumas fils. Comment une mère, transmetteuse même des valeurs, pourrait faire comprendre à sa fille par ses actions que les hommes sont supérieurs par rapport à elle. La façon dont elle gère la fille diffère de la façon dont elle gère le fils. De plus, le choix des enfants est négligé à la base : « isit la se mwen ki komande », aucune place pour prouver à la fille qu'elle est capable de grandes choses.


Va-t-on pouvoir bien diriger ou accepter son leadership s'il n' est pas en mesure de se faire confiance ? De plus, la mère, quant à elle, ne s'impose pas, elle n'influence pas. Aux moindres turbulences, c'est le fameux « m ap tann papa w vini, m ap di l sa pou ou » qui est lancé. Ce qui entraîne une négligence par rapport aux femmes alors que les parents sont les premiers modèles de l'enfant.

À la maison,dans la plupart des cas, la fille apprend à ne fonctionner que pour l'homme. On apprend à cuisiner, à repasser, à tout faire rien que pour un homme. « Pa aprann fè manje pou  wè si mari w pap voye w tounen », entend-on parfois. Mais pourquoi ne pas enseigner différemment aux filles?

À l'école, on distingue des filières réservées aux filles et celles réservées aux garçons. D'entre les femmes, beaucoup ne veulent pas s'encourager, s'entraider. Des femmes qui ne font pas confiance aux femmes. À l'église, dans la politique, c'est presque le même cas.

Par où va passer ce leadership, si au moins, on n'en est pas averti, et même se faire confiance ? Ne serait-ce pas en prônant le leadership féminin si même les femmes ne font pas confiance au leadership féminin voire le leur ?

Un thème chaque année pour rappeler aux femmes leur droit, leur importance en tant que socle sur lequel repose la société, c'en est un. Se mettre au travail pour influencer, c'en est une autre. Et ceci, c'est un travail qui ne se révèle pas facile d'autant plus qu'il n'est pas entamé dès le plus jeune âge. En d'autres termes, Il faut donner le pli à l'arbre tandis qu'il est jeune, comme dit le proverbe.

Entre le dire et le faire, toute une vallée à traverser. Il faut savoir éduquer une femme pour arriver à éduquer un village, et plus tard le monde car telle éducation ,tels fruits.

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