Back to Posts

Le journalisme entre principes et derives

Auteur: Joame Baptisne

Le journalisme entre principes et derive

Au cœur de l’ère numérique, les sociétés ne font qu’évoluer, les technologies de l’information et de la communication influencent de plus en plus le mode de vie des gens. Ainsi, on assiste à des changements radicaux dans la façon de vivre dans les sociétés Modernes notamment dans la politique, l’économie, le social, ou encore le culturel. Dans le  monde professionnel particulièrement, des transformations hallucinantes se sont également opérées dans la manière dont on exerce désormais plusieurs métiers et d’après plusieurs observateurs, ces transformations sont encore plus profondes dans le monde du journalisme.

Toutefois, en Haïti force est de constater l’évolution effrénée de la profession du journalisme, notamment à l’ère numérique, certains se focalisent sur les défis, tout en y cherchant des opportunités tandis que d’autres se statuent sur les principes indéniables à respecter.

Alors, on se demande comment le numérique aurait participé à l’évolution du journalisme, quels en seraient les avantages et les inconvénients, et quels seraient les opportunités que pourrait offrir cette évolution technologique dans le milieu journalistique. Le journalisme deviendrait-il meilleur grâce à la technologie, et qu’en est-il des fameux principes déontologiques relatifs au journalisme, seraient-ils de mise en ce qui a trait au journalisme multimédia dit en ligne ?

Le journalisme est l’activité qui consiste à recueillir, vérifier et éventuellement commenter des faits pour les porter à l’attention du public en respectant néanmoins la déontologie du métier. La pratique du journalisme en Haïti a toujours été l’objet de vives critiques et de divergences. Le bon sens est pour René Descartes, la chose du monde la mieux partagée, mais il n’en demeure pas moins vrai que le journalisme dans cette même optique, est pratiqué différemment d’un média à un autre avec notamment une ligne éditoriale tout à fait singulière. Mais avec l’évolution des méthodes et des outils de collection, de vérification, de recoupement et de publication des informations, le journalisme s’est vu progressivement modernisé.

Les travaux sur le journalisme en ligne ont débuté dès les années 1990 et se sont surtout développés dans les années 2000. Ainsi avec l’avènement de l’ère numérique, certaines tendances ont fait savoir qu’il faut apprendre à s’y adapter ou disparaitre surtout avec les changements qui se sont opérés dans le monde journalistique, qui sont entre autres la naissance des médias en ligne, le changement de la presse traditionnelle en presse multimédia, et l’utilisation des réseaux sociaux pour la diffusion des publications.

Principes incontournables de la profession du journalisme

Du coup, avec le numérique, le téléphone intelligent, l’ordinateur et l’internet se trouvent au cœur du dispositif informationnel.

De nos jours, on peut facilement devenir journaliste, avec tout simplement son téléphone intelligent et une connexion internet, d’ailleurs l’accès à l’information se fait désormais avec une grande facilité, sans avoir étudié le journalisme on peut du jour au lendemain se faire appeler journaliste tout en ignorant ou en ne maitrisant pas les principes incontournables de la profession du journalisme.

Bill Kovach et Tom Rosenstiel ont publié un ouvrage dans lequel ils font étalage de neuf (9) principes fondamentaux du journalisme sous-titré ‘’ ce que les journalistes doivent savoir, ce que le public doit exiger’’. De cette magistrale œuvre, on en retient neuf (9) principes à savoir

-s’astreindre au respect de la vérité ;

-servir en priorité les intérêts du citoyen, par essence;

-vérifier ses informations; -conserver son indépendance à l’égard de ceux dont on relate l’action;

-exercer sur le pouvoir un contrôle indépendant; -offrir au public une tribune pour exprimer ses critiques et proposer des compromis;

-donner intérêt et pertinence à ce qui est réellement important;

- fournir une information complète et équilibrée et obéir aux impératifs de sa propre conscience.

Mais hélas, on s’inquiète de moins en moins de l’impact que peut avoir l’information sur la société, car on veut à tout prix se frayer un chemin pour aboutir au sommet, détruire les autres pour se construire, vendre sa conscience, perdre son éthique pour de l’argent et malheureusement nous vivons dans un pays économiquement précaire et fort souvent des journalistes arrivent à violer consciemment ou pas, la déclaration des principes de la fédération internationale des journalistes sur la déontologie sacrée du métier.

Cependant, la presse numérique présente plusieurs avantages, notamment pour les personnes avides d’informations quotidiennement. On peut accéder beaucoup plus facilement et rapidement à l’information et n’a plus besoin de faire la queue pour acheter un journal, il est désormais plus facile de trouver l’article qui nous intéresse, rien qu’en quelques clics. En plus, il y a l’aspect financier, le numérique coute vraiment moins cher et l’aspect écologique qui est grandement considérable face à la dégradation de l’environnement sans oublier la lecture en mobilité, qui consiste à consulter les infos en temps voulu.

Faiblesse de la fonction médiatique

Les médias sont dotés de pouvoirs incommensurables, les propriétaires s’en servent pour véhiculer leur image et celle de leurs entreprises commerciales, sans oublier la rentabilité d’un média passant obligatoirement par le recours à la publicité.

La main qui donne est celle qui commande, donc comme le financement des médias dépend de capitaux privés en grande partie, cela leur donne parfois le pouvoir de modifier l’information en fonction de leurs intérêts.

Par ailleurs, pour reprendre Machiavel, tout n’est pas politique mais la politique s’intéresse à tout, ainsi, la relation saine qui devrait exister entre la politique et la presse est devenue de plus en plus désastreuse et déstabilise la fonction médiatique. La presse qui devrait être un pouvoir de contrôle, un pouvoir consacré à la surveillance des autres pouvoirs, perd indubitablement une de ses fonctions majeures. En plus, dans le journalisme, on distingue différemment des infractions pénales (contraventions, délits, crimes) des délits de presse se référant aux crimes et aux délits commis par la voie de la presse ou tout autre moyen de publication. Ces infractions figurent dans le chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881, comme exemple on peut citer, offense au président de la République, la diffamation, l’injure, l’interdiction de filmer (filmer sans autorisation).

Néanmoins, le journaliste, à l’ère numérique peut en profiter pour créer un média communément appelé média en ligne mais doit toujours respecter scrupuleusement les règles et les principes de la déontologie journalistique. Et comme autre opportunité, on peut se former, s’éduquer, consulter des documents, suivre des formations et des conférences en ligne sans oublier l’aspect économique consistant à gagner de l’argent en faisant de la publicité. Par ailleurs, le journaliste doit rester libre et indépendant, il informe et éclaire ses

Concitoyens sur les enjeux de la société, il est appelé à sélectionner l’information, la vérifier et la médiatiser, d’où la mission chevaleresque, et herculéenne de tout journaliste

En somme, le journalisme se modernise considérablement à l’ère numérique mais entre l’enclume de l’adaptation et le marteau de la précipitation, il y aura certainement des conséquences de l’utilisation abusive des écrans (téléphones, tablettes, ordinateurs) notamment des répercussions sur les yeux. Cependant, certains s’identifiant à des éclectiques prônant une cohabitation de la presse traditionnelle et de la presse numérique et qu’elles doivent être consolidées ensemble et favoriser une transformation progressive des médias et le journaliste en dépit de sa curiosité doit être apte à s’adapter à tout changement et peu importe qu’il soit de la presse traditionnelle ou numérique, doit toujours se sentir libre car il n’y a d’hommes que d’hommes libres pour reprendre John Lock. Donc doit rester fidèle à ses convictions, en exerçant cette noble profession que par amour car, Confucius considère à raison que si on fait un travail qu’on aime on n’aura pas à travailler un seul jour de sa vie.

Read Next

Quand Savio Myriamo Estime souffle une nouvelle bougie!