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LE DRAPEAU HAÏTIEN, ENTRE SYMBOLE ET SERVITUDE

Auteur : Joame BAPTISNÉ

LE DRAPEAU HAÏTIEN, ENTRE SYMBOLE ET SERVITUDE

Le 18 mai marque la fête du drapeau haïtien, un des rares du monde pouvant décrire de façon indélébile la lutte de l’indépendance de son peuple,  premier de la race noire à se défaire du joug de l'esclavage.

Le bicolore haïtien est constitué de deux bandes d'étoffes: bleu et rouge, encadrant son coeur de couleur neige au milieu duquel s’élève un palmiste dont un bonnet couronne ostensiblement la cime.

Le tronc est environné de lourdes armes de la république, notamment des boulets de canon, des instruments de musique, des chaînes symbolisant l’esclavage et une banderole jonchant le sol qui l’enracine.

Il est créé le 18 mai 1803 au congrès de l’Arcahaie, une commune située à quelques kilomètres au nord de l’actuelle capitale haïtienne. Ainsi, le 18 mai est donc resté, pour les Haïtiens, comme la fête nationale du drapeau.

Pour créer son propre emblème, Dessalines s'est servi du drapeau français. En effet, le père de la nation haïtienne a ôté la bande blanche de l’emblème colonial pour donner naissance au premier étendard haïtien.

Le premier drapeau haïtien a donc été organisé en deux bandes d’étoffes, bleue et rouge, disposées verticalement. Jean-Jacques Dessalines y fit inscrire la devise « liberté ou la mort ». Avec ce drapeau, une étape en plus a donc été franchie dans la lutte pour l’indépendance d’Haïti.

L'Empereur Dessalines avait opté pour le rouge symbolisant la liberté et le noir pour la mort. Après lui, certains chefs d’État ont gardé l’emblème noir et rouge. Mais au final, c’est le bicolore bleu et rouge qui a fini par triompher. Mais rien n’enlève qu’il symbolise l’union des noirs et des mulâtres.

Le Drapeau haïtien a été cousu par une femme de‌‌nommée Catherine Flon.‌‌ L’histoire nous enseigne qu’elle était la belle-fille de Claire Heureuse, la femme de Dessalines. C’était donc à Catherine Flon qu’il incombait de coudre le premier drapeau haïtien à Arcahaie. Les Haïtiens continuent encore aujourd’hui de la vénérer comme la mère du drapeau.

Aujourd'hui, que représente ce symbole pour les haïtiens, combien seraient encore capables de reprendre la parole célèbre de Rosalvo Bobo, " Préfèrer mourir enveloppé dans son drapeau que de servir l'étranger". Hélas,  un drapeau que nous prenons même  plus la peine de saluer dignement, la tête altière jadis.

Margaret Thatcher pense qu'un homme peut gravir l'Everest pour lui-même, mais au sommet, il plante  le drapeau de son pays.‌‌ Mais pour reprendre Emile de Girardin,  un drapeau qu'on cache dans sa poche, ce n'est pas un drapeau, c'est un mouchoir.

Et dans le cas d'un peuple soumis, assujetti, subjugué, agenouillé, contraint et dont la souveraineté est violée et vilipendée, ou encore un pays où la servitude et l'esclavagisme s'installent sur mille autres formes, pourrait-on quand même parler de fierté, d'orgueil national,  d'étendard ou de pavillon.

Enfin,  pour le drapeau mourir est beau, dit-on, mais avant toute chose,  il faut d'abord chercher à savoir si le bicolore national est pour nous un mouchoir, ou un drapeau.

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