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La liberté de la presse, une utopie en Haïti

Auteur: Joame BAPTISNÉ

La liberté de la presse, une utopie en Haïti

À l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai de chaque année, c'est une occasion en or pour tenter d'analyser l'effectivité de cette liberté notamment en Haïti.

Parler de liberté de la presse en Haïti est une abstraction pour certains,  une honte pour d'autres, qu'elle soit inexistante, bafouée,  vilipendée,  violée,  qu'en est-il en réalité? Qu'est-ce qui entrave la liberté de la presse Haïtienne?

La presse est considérée comme un organe essentiel dans toute tentative de démocratie. Elle se base sur trois piliers: l'information, la formation et le divertissement.

En Haïti,  à cause d'une précarité économique  accrue, poussant des professionnels de la presse à vendre leur âme et leur dignité, et un faible niveau de la majorité des institutions de formation en journalisme,  force est de constater que la presse a échoué et sa liberté est jusqu'à présent inexistante.

En plus,  pour reprendre Machiavel,  tout n'est pas politique mais la politique s'intéresse à tout ainsi, la relation saine qui devrait exister entre la politique et la presse est devenue dévastatrice et déstabilise la fonction médiatique.

Dans la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen de 1789, la liberté est le premier des quatre droits fondamentaux de l'homme, ainsi le grand empiriste John Lock considère à raison que le droit à la liberté comme le droit le plus sacré,  car il n'y a d'hommes que d'hommes libres.

Plus récemment, la libre communication des pensées et des opinions est définie aujourd'hui par la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et ses diverses adaptations dans les lois des pays. Cela dit,  la liberté d'expression est garantie et protégée par des mécanismes internationaux et est essentielle à l'exercice d'autres droits humains.

La liberté de la presse est née  du droit d'expression et de critique dont dispose chaque citoyen, qui préconise le droit de ne pas être inquiété, attaqué, critiqué,  menacé, frappé, poursuivi pour ses opinions, pour sa libre pensée sans influence et sans intimidation.

Sans la liberté d'expression, la dimension humaine est attaquée, en effet ne pas pouvoir clamer haut et fort ses convictions,  ne pas pouvoir prendre librement position, c'est adopter une vie qui n'est pas la nôtre,  c'est cultiver l'hypocrisie.

En Haïti, la liberté est globalement une notion qui porte à équivoque, mais la liberté  de la presse fait l'objet de beaucoup de critique.  Tant de journalistes ont laissé leur peau à cause de leur conviction,  tant d'autres sont menacés.  Il y en a qui adoptent une position imposée pour gagner indignement leur vie, donc c'est avec raison que Haïti se voit rétrograder dans la liste des pays dans le cadre de la liberté de la presse publiée par Reporters Sans Frontières (RSF) 2020.

Enfin,  la liberté requiert au moins un minimum, pour qu'elle soit effective.  Un minimum de valeur,  de principe, de niveau intellectuel et économique, de respect pour soi même et pour la profession,  et surtout de l'amour car Confucius considère à raison que si vous faites un travail que vous aimez, vous n'aurez pas à travailler aucun jour de votre vie.

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