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« Kout pitit », une réalité courante mis sous la table en Haïti

Auteur: John Gerald Stanley Mervil

« Kout pitit », une réalité courante mis sous la table en Haïti

Les cas de fausse paternité en Haïti font écho dans la communauté, et n'en font pas de discrimination. Cependant, l'on en parle très rarement à haute voix. Elle peut être due par faute d'un conjoint trop absent, par manque de moyen du père biologique, etc... Le plus souvent, elle revient sur la table de débat pour pointer du doigt une autre famille, sans pour autant être à même de prouver qu’elles ne sont pas scientifiquement des victimes. Donc, c'est un problème sociétal qui mérite une grande appréciation puisqu'elle tue aussi vite qu'une arme et laisse des cicatrices douloureuses.

« Kout papa » est le titre de cette musique sortie il y a deux ans par la formation musicale Klass. La composition nous peint une réalité bien connue chez nous, la fausse paternité. Toutefois, il n'est pas le seul à se pencher sur le sujet, l'ex-chanteur du groupe Zenglen, Widler Octavius, en a aussi parlé dans son tube « Ou pa merite m » chapitre 2, paru le 1er mars 2021. À la fin de la vidéo, l'on voit l'enfant toujours, laissant son père biologique pour courir vers l'artiste. Cependant, dans la réalité les choses ne se terminent pas toujours ainsi.

Haïti étant un pays pour qui un système de santé est inexistant, un test de paternité (ADN), peut coûter les yeux de la tête à celui qui désire s’en procurer un. De ce fait, on le pratique très rarement, sauf s’il est contraint par une ambassade. En revanche, les potentiels géniteurs n'abandonnent pas pour autant. De ce fait, ils ont pour recours des pratiques ancestrales comme verser leur sang dans la bouche du nouveau-né, ou déposer un vêtement qu'il portait au cours de la journée sur ce dernier comme quoi, s'ils ne sont pas les leurs ça va les tuer. Donc, cette pratique s'avère être pas pour le moins sans conséquence sur l'avenir du bébé.

De temps en temps, un cas d'infanticide surgi de nulle part fait surface et défraie la chronique. Le plus souvent perpétré par les pères avec la participation involontaire des génitrices inconscientes. Ainsi, la société haïtienne en dénombre plusieurs. Certains plus inhumains que d'autres avec des raisons diverses cependant, la fausse paternité est pour beaucoup.

Parmi les nombreux cadeaux octroyés à l'homme par la nature, le coût d'une vie fait partie du lot qu’on ne saurait chiffrer. Mais malgré cela, il semble être sans la moindre importance en Haïti. Alors que dans les médias, sous les réseaux sociaux, des crimes odieux commis contre des personnes notamment des enfants font débat. L’État, les institutions de protection des droits humains sont dans un mutisme total. Rien n'a été fait pour forcer les géniteurs à assurer leur responsabilité pour ensuite pallier ce problème qui pousse à donner la paternité à un autre.

Contactés par l'équipe de Entretien 2000, les opinions sont controversées sur le sujet, trahisons pour certains, amour pour d'autres cependant, ça a un prix et ce sont les enfants qui paient le pot cassé.

D'après moi, aucune femme ne devrait dire à un homme qu'un enfant est le sien alors qu'elle connaisse la vérité, c'est impardonnable. Néanmoins, elle fait ça afin de donner un mieux-être à l'enfant donc, c'est un geste d'amour. Selon le dire de cette fille qui requiert l'anonymat.

Une personne vous a fait confiance et vous avez trouvé un moyen de lui faire accepter quelque chose qui n'est pas vrai. C'est de la trahison ! Nous en dit un autre.

Toutefois, les raisons qui poussent une mère à faire occuper son enfant par quelqu'un d'autre que son géniteur, peut aller au-delà d'un simple besoin d'assurer un avenir à sa progéniture. Comme nous l'a dit l'un de nos interviewers, c'est peut-être dû à l'ignorance de celle-ci. Comme l'histoire de cette fille qui a eu des relations sexuelles avec plusieurs mecs dans un laps de temps qui était obligée de trier pour trouver le vrai père.

Par contre, que faire si toutefois l'enfant qu'on a tant chéri s'est révélé être celle ou celui d'un autre ?

À cette réponse, la première chose qu'il faut avoir en tête, c’est l’innocence de l'enfant. Ce qui signifie qu'il n'est en rien responsable et l'empathie car il est aussi victime que vous. En ce sens, ça vous évitera de faire quelque chose sous le coup de l'émotion, et qu'après vous fera plus de mal que de bien.

Lors de notre recherche nous avions rencontré certains cas extraordinaires tels que celui où le père a réalisé que 3 des cinq enfants ne lui appartenaient pas. Ou celui où le père a dû trouver un moyen de faire quitter le pays avec deux de ses enfants dont il s'est chargé depuis plus d'une décennie même s'il n'était pas le géniteur.

Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes tous filles et fils de la personne qui nous nourrit dans la maison. Toutefois, et si c'était le contraire, vous réagissez comment ? Aimeriez-vous qu’on vous fasse porter le chapeau ? et que devrait faire l'Etat pour protéger et les enfants victimes ainsi que la personne qui s'en est chargé et pourtant il n'est pas le sien et parfois même sous la contrainte ?

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