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Je ne peux pas respirer

Auteur : Denis Douvens Castelly

Je ne peux pas respirer

Les courants faisant la promotion de l'inégalité des races ont  toujours existé et se reproduisent depuis plusieurs générations.

Ce constat remonte à l’antiquité. On retrouve très tôt le "noir" dans la littérature ou les représentations graphiques comme un être marginalisé. La pyramide se présentait ainsi : en haut, le blanc  symbole d’énergie et d’intelligence. Il est le seul à pouvoir dominer.‌‌Il est le maître et le noir l’esclave.‌‌Il est le seul, dès le départ, susceptible d’apporter la civilisation. Tandis que le noir, en bas, semble être réduit en un corps quasiment privé de cerveau , fait pour être chosifié et dominé.‌‌La supériorité à la fois esthétique, morale et intellectuelle de l’homme blanc est nettement différente à celle du noir. En définitive, le noir est né pour être sous le joug du blanc.‌‌D’où l’explication parfaite de ce type de figure qu’on retrouve par exemple dans le roman de Picquenard intitulé Adonis, où le bon nègre (1798), incarne l’esclave « raisonnable » et fidèle à son maître.‌‌Léopold 2, ce bourreau aux 10 millions victimes noirs, obsédé par l'idée de posséder une colonie, se voit attribuer le Congo comme « propriété personnelle». ‌‌On enregistre également l'exécution de cet enfant de 14 ans, George Junius Stinney Jr, après avoir été accusé coupable de la mort de deux fillettes blanches.‌‌ L’histoire regorge bien plus de récits similaires. On en retire également de nombreux mouvements d’acception et d'intégration des noirs dans le monde entier. ‌‌De ce faits, on peut conclure que les noirs subissent des propos et actes racistes de l’antiquité jusqu’à aujourd'hui.

La preuve, une vidéo publiée sur internet montrant un fait qui s'est déroulé le mardi 26 mai 2020 dans les rues de Minneapolis aux États Unis. Son contenu, un homme noir d’une quarantaine d’années, George Floyd, plaqué au sol comme une bête par des policiers blancs qui l’immobilisent pendant près de dix minutes.‌‌Il implore la pitié des policiers par ses mots, des appels désespérées ..‌‌« please i can't breathe.‌‌My stomach hurts,‌‌my neck hurts‌‌everything hurts‌‌they're going to kill me »‌‌"S’il vous plaît,‌‌je ne peux pas respirer ! Je ne peux pas respirer !‌‌La scène, filmée par un riverain, montrant un usage excessif, irrationnel et inhumain de la force, provoque l'indignation aux États-Unis et notamment chez les noirs du monde entier."

Voilà le mode d’humanité que prêche des blancs et le mode de traitement que subit un noir au 21ème siècle.‌‌Il convient de nous poser cette question à présent : n’avons-nous pas tous du mal à respirer d’une façon ou d’une autre à cause des blancs ? Ne souffrons-nous pas tous des mauvais traitements et des barbaries d'une race qui se croit supérieure?‌‌Ne sommes-nous pas tous assujettis par les blancs ?‌‌Si l'on tarde à répondre, il serait important de se rappeler de deux des déclarations de ces deux présidents blancs :‌‌Franklin Delano Roosevelt‌‌"Il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s'entre-déchirer  les uns les autres, c'est la seule façon pour nous d'avoir une prédominance  continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de noirs d'Amérique."

Donald Trump

«  Haïti et les pays d’Afrique sont des trou de cul »

Ces déclarations expliquent bien le calvaire des noirs. Ils savaient que l’esclavagisme en Amérique et en Afrique était un affreux système d’exploitation de l’homme noir par l’homme blanc et qu’un jour ou l’autre, ces premiers finiraient par se révolter contre ce régime injuste et cruel qui les avait submergés dans une société grandement inégalitaire.‌‌Le temps et les faits dans l’histoire ont forcé les blancs à accepter notre humanité, que nous ne sommes pas des moins que rien.  L’esclavage a disparu sous sa forme visible cruelle.‌‌Malcom X  l'explique  dans ces lignes :‌‌«  Il faut reconnaître tout être humain sans chercher à savoir s’il est blanc , noir, basané ou rouge ; lorsqu'on envisage l’humanité comme une famille, il ne peut être question d’intégration ni de mariage interracial »‌‌Si aujourd’hui on peut parler de quelques grandes puissances c’est parce que, d’une part ils ont exploité  les  noirs des colonies de la Caraïbe et d’Afrique et les ont forcés à travailler comme des bêtes en pillant leur richesse.‌‌Sans les noirs on peut pas parler de l’Europe, des États-Unies .

Si le 4 avril 1968, Martin Luther King a été assassiné, ce n'est pas parce qu’il faisait partie des méchants mais parce qu’il avait un rêve, celui de voir une société américaine sans racisme, sans discrimination et qu'il avait attiré d’autres noirs à sa cause.

Toussaint Louverture a trouvé la mort en France au Fort de joux pas parce qu'il est entré en rébellion, non. C'est parce qu’il voulait que les noirs de Saint-Domingue et du monde entier soient libres.

Selon des rapports du site slate.fr,  en moyenne 39 Afro-américains ont été lynchés chaque année entre  1876  et 1965. L'année dernière, 258 Afro-Américains ont été tués par la police, et la liste ne cesse de se rallonger.

Les sacrifices de Malcom X , Nelson Mandela, Frantz Fanon,‌‌Martin Luther King, Dessalines, pour ne citer que ceux-là, ne doivent pas être pris à la légère.‌‌Le moment est venu chers frères noirs du monde entier de nous poser cette question :

‌‌Combien de Georges Flyod parmi nous ont besoin de respirer ?‌‌Aujourd’hui nous pleurons la mort de Flyod mais ces blancs viennent de rendre un grand service aux noirs du monde entier en provoquant l’indignation et le refus d’accepter de telles choses chez chacun de nous.‌‌Que les mots de ce puissant chef  révolutionnaire noir, Toussaint Louverture puisse être notre devise à tous :‌‌«  Je veux que la liberté et l'égalité règnent. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. »

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