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Haïti, quand les billets et les pièces perdent leur virginité

Auteur: John Gerald Stanley Mervil

Haïti, quand les billets et les pièces perdent leur virginité

Alors que la devise d'un pays est un élément important de son identité,  la nation haïtienne semble n'en être pas avertie.  Qui pis est, sur le sol haïtien la monnaie fait très souvent office de feuille de papier à écrire, à essuyer les mains tandis que celle des autres pays notamment le Dollar américain, l'Euro et bien d'autres sont protégées. Est-ce une preuve de sous-estime chez  l'Haïtien  par rapport à un citoyen d'un autre pays ou par omission? Néanmoins, le résultat n'est pour le moins sans conséquence.

Originaire du royaume de  Lydi et de plusieurs autres cités indépendantes d'Asie mineure, la monnaie ou plus précisément les premières pièces de monnaie auraient été frappées aux alentours du VII siècles avant J.C. Par contre celle d'Haïti, la Gourde, dont le  nom est dérivé de la langue espagnole « gordo » (gros, gras), un terme qui se référait au peso, monnaie d'échange acceptée dans les colonies françaises des Antilles à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle. Après l'indépendance, le terme fut adopté pour désigner la monnaie de base d'Haïti et la Constitution de 1987 la définit comme « l'unité monétaire nationale ». Et du coup, elle fait partie de l'identité nationale.

La  monnaie d'un pays lui est d'une importance capitale. D'une part, elle  favorise les échanges commerciaux entre consommateurs et commerçants sur un territoire et parfois même au-delà. Mais d'autre part, c'est un mode de paiement pour un service vendu. Cependant, la Gourde qui est celle de notre terroir par rapport aux monnaies des autres nations est méprisée, mal utilisée. Des pièces de monnaie jusqu'à la coupure  de mille gourdes qui est la plus haute devise nationale, la dévalorisation est de même. Parmi eux, tous les billets de dix gourdes  remportent le premier prix, selon les déclarations du chef de service de la monnaie fiduciaire dans les années 2019, M. Henry Torchon lors d'une entrevue accordée à Le Nouvelliste au cours de cette même année.

Cause et effet de la mauvaise utilisation de l'argent national.

Dans le milieu commercial haïtien pour le plus informel, la superstition joue un rôle crucial. Il est rare que les pièces ne soient pas mises en contact avec de l'aimant, du sel et parfois du citron par peur de disparition. Et après plusieurs jours passés dans les sacoches, elles n'en sortent pas indemnes tandis que les billets nécessitent un bon entretien. Étant le seul moyen de paiement acceptable sur le marché informel,  les vendeurs de matière grasse et de charbon de bois n'y sont pas exclus  pour finaliser une transaction mais malheureusement, après les avoir touchés, les gens ne prennent pas le temps d'essuyer leurs mains avant de le manipuler. Donc les pièces  se dégradent, s'oxydent, les billets se salissent, se froissent et entre autres servent d'annuaire téléphonique.

Par conséquent, chaque année le gouvernement haïtien se voit dans l'obligation d'en faire réimprimer à des frais considérables puisqu'au cours de l'année 2019, toujours d'après M. Torchon, seulement pour réimprimer 30 millions de billets de dix gourdes, la BRH aurait versé soit l'équivalent en Euros de deux gourdes soixante-deux centimes (2,62 gourdes) à une société étrangère par billet.

La gourde, sujet de discussions.

Les dix gourdes étant le symbole même de maltraitance. De ce fait, pour pallier ce phénomène de réimpression, la BRH avait mis sur le marché une autre forme qui était contraire à ce que les Haïtiens avaient l'habitude d'utiliser celui-ci était étanche, plus résistant, difficile à déchirer mais ils étaient aussi source de discussions puisque après un certain moment, certaines personnes ne voulaient plus les accepter on ne sait pas si telle est la raison néanmoins ces jours-ci on l'aperçoit de moins en moins sur le sol haïtien et dorénavant, c'est la situation des pièces de gourdes qui à ce jour représente le plus bas niveau de la monnaie nationale qui est presque inacceptable  voire inacceptable dans certaines zones du pays et à cela on peut s'attendre à des dérives qui pourraient coûter la vie à des citoyens.

Par analogie, si l'on devrait chaque année ajouter l'équivalent de 2.62 gourdes en EU pour la réimpression de tous nos billets avec l'inflation qui ne cesse de s'accroître, cela ferait un montant considérable dans le budget national. Par ailleurs, le besoin se fait sentir de savoir si L'Haïtien est conscient de l'enjeu qui existe lorsqu'on maltraite sa monnaie? Si oui, quel moyen l'État pourrait utiliser pour y remédier . Et sinon, comment faire pour les alerter contre cette mauvaise pratique courante?

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