Back to Posts

« Combattons jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance» 217 ans plus tard, où sommes-nous ?

Auteure : Salia Edourd

«Combattons jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance »

217 ans plus tard, où sommes-nous ?

Ce vendredi 1er janvier marque le 217e de l'indépendance d'Haïti. Cet échelon gravi par les soi-disant nègres sans formation a marqué l'histoire en fondant à tout jamais la première république noire.

«Ce n'est pas assez d'avoir expulsé de votre pays les barbares qui l'ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n'est pas assez d'avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux». Ici la déclaration des anciens esclaves déshumanisés, les héros de l'indépendance qui ont eu la chance d'être dotés de la capacité de reconnaître que la liberté est nécessaire. Dans la foulée, ils se sont saignés des quatre veines pour rendre effective cette notion du bonheur. Des différentes fuites en passant par plusieurs affrontements, ils sont arrivés à concrétiser leur beau rêve, la liberté. Le 1er janvier 1804, le général en chef de l'armée indigène à savoir Jean-Jacques Dessalines a exigé que chacun des généraux assemblés prononçat le fameux serment : Renoncer à jamais à la France, mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance. Une déclaration qui pousse à se demander si vraiment ce serment a été bien compris par les concernés.

Soulignons qu'un homme libre, pour répéter Nicolas Berdiaev, ne prétend dominer personne. Cependant, après l'indépendance, cette cause qui était l'affaire de tout un chacun ne l'est pas. Chacun veut dominer, chacun veut être chef. Ces mêmes gens s'étaient divisés. La scission du pays trois ans après son indépendance en est une preuve. Une équipe divisée contre elle-même se voue au succès ou à l'échec ? L'indépendance pourrait-elle être sauvegardée dans la division ?

Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité nous a enseignéVictor Hugo dans son ouvrage Paris et Rome, paru en 1876. Alors que la sauvegarde de cette grande œuvre devrait booster tout le monde en tant que première république noire en construisant beaucoup plus de forts avec les matériaux de l'amour, de la tolérance, du respect... question de prouver ce geste combien noble, cette responsabilité n'a pas été assumée ou n'a jamais été assumée. Plus tard, les conséquences de la négligence ont été très grandes citons entre autres l'occupation américaine et la plus récente, la crise sévère à laquelle nous faisons face actuellement. On vit dans la crainte, chaque Haïtien à peur de son frère. Pourrait-on vraiment parler de liberté chez nous sachant que celui qui vit dans la crainte, ne sera jamais libre. En dépit de tout, on sent des Haïtiens qui veulent en jouir jusqu'à présent.

Devant une telle situation, ne devrait-on pas opter d'abord pour la liberté ou l'indépendance de l'Haïtien bien avant celle d'Haïti ?

Read Next

Vivre en Haiti, double handicap pour pour les personnes a mobilite reduite